Rencontres · Célibat & désir de rencontre

Pourquoi voulons-nous être en couple ?

Envie d’aimer, peur de rester seul, besoin d’être choisi, pression de l’entourage : derrière cette phrase apparemment simple — « j’aimerais être en couple » — se cachent des désirs très différents. Et cela compte davantage qu’on ne le croit, parce qu’on ne rencontre pas de la même manière lorsqu’on cherche quelqu’un à aimer ou lorsqu’on cherche surtout quelqu’un pour ne plus être seul.

Par Laurent Huz · 10 août 2026 · 10 min Abonnés
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Pourquoi voulons-nous être en couple ? La question que l’on ne se pose presque jamais

C’est un dimanche soir comme les autres. La semaine a été correcte, plutôt remplie même. Et pourtant, en rangeant la cuisine, quelque chose serre un peu. On repense à ce déjeuner de famille où une tante a demandé, sur le ton de la plaisanterie, « alors, toujours personne ? », puis à ce couple d’amis croisé la veille, à leur manière de se parler et de finir les phrases l’un de l’autre. On ouvre une application de rencontres, on la referme. On se dit qu’on aimerait bien être en couple. Mais voulons-nous vraiment quelqu’un, ou voulons-nous surtout que quelque chose cesse ?

La question peut paraître brutale. Elle est pourtant essentielle. « Vouloir être en couple » peut signifier vouloir aimer, partager, construire, désirer et être désiré. Mais cela peut aussi vouloir dire ne plus rentrer seul chez soi, ne plus avoir le sentiment de stagner, rassurer ses parents, retrouver une place dans le regard des autres ou avoir enfin la preuve que quelqu’un nous choisit. Souvent, tout cela se mélange. Ce mélange n’a rien de honteux : il mérite simplement d’être connu, parce qu’il finit toujours par entrer avec nous dans la relation.

Vouloir aimer n’est pas une faiblesse

Il faut commencer par tordre le cou à une idée qui a fait beaucoup de dégâts : pour avoir une relation saine, il faudrait d’abord être parfaitement heureux seul, n’avoir besoin de personne et ne rien attendre de l’autre. À force de célébrer l’autonomie, nous avons parfois transformé le besoin de lien en défaut de fabrication. Or nous sommes des êtres relationnels. Les travaux sur l’attachement montrent que les liens significatifs continuent à jouer chez l’adulte un rôle important de sécurité et de régulation émotionnelle. Vouloir quelqu’un avec qui partager ses joies, ses peurs, son quotidien, son corps ou ses projets n’est donc pas une immaturité à soigner. Nous ne sommes pas faits pour vivre sans liens ; nous sommes faits pour apprendre à exister avec les autres sans nous perdre nous-mêmes.

Et nos choix amoureux ne se jouent pas uniquement dans notre tête. Des enjeux d’attachement, de sécurité, de sexualité et, plus profondément, de reproduction peuvent participer à orienter nos attirances sans que nous en ayons toujours pleinement conscience. Nous choisissons avec notre histoire, notre corps, nos représentations et notre besoin de lien, pas seulement avec notre raison.

Les formules du type « apprends d’abord à ne plus avoir besoin de personne » contiennent parfois une intention utile : ne pas faire porter à l’autre la totalité de son équilibre. Mais prises au pied de la lettre, elles deviennent absurdes. Le problème n’est pas de vouloir être deux. Il commence lorsqu’on ne sait plus très bien ce qu’on demande au deuxième.

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Laurent Huz

Laurent Huz

Auteur, formateur, thérapeute de couple

Fondateur de Mon Couple Magazine. Thérapeute de couple et formateur, fondateur de Deux Mains Ensemble et de la méthode TCCI. Auteur d'« Au cœur du couple » (Dunod).

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