Sexualité · Difficultés sexuelles
Quand l'érection devient un examen à réussir
Une difficulté d'érection peut arriver à n'importe quel homme. Le problème commence souvent moins avec la première fois qu'avec ce qui vient ensuite : la peur que cela recommence, et cette question qui finit par occuper toute la sexualité.
« J'y pense avant même d'entrer dans la chambre. » Un homme dit rarement cela du premier coup. Il parle d'abord de fatigue, de travail, d'une période chargée. Puis il lâche l'essentiel : ce n'est plus la panne qui l'inquiète, c'est la seconde d'après, celle où il faudra vérifier.
C'est précisément de cette bascule que parle cet article. Non pas de la difficulté elle-même, qui relève souvent d'une évaluation médicale, mais de ce qu'elle déclenche dans la tête et dans le couple : la surveillance, l'évitement, et cette manière qu'a l'intimité de se réduire peu à peu à un test.
Dans mes accompagnements, je rencontre des hommes qui ne parlent presque plus de désir. Ils parlent de leur érection. Elle est suffisante ou pas, elle arrive trop tard, disparaît trop vite, semble moins ferme qu'autrefois. À force, le rapport sexuel cesse d'être une rencontre pour devenir une vérification. Le corps n'est plus vécu, il est surveillé. Et lorsque l'on commence à surveiller son corps, quelque chose se tend.
Une panne peut devenir la peur de la prochaine panne
Une difficulté occasionnelle n'a rien d'extraordinaire. Fatigue, stress, préoccupations, alcool, traitements médicamenteux, âge, santé générale, ou simplement absence de disponibilité à ce moment-là. Mais une première difficulté peut laisser une trace psychologique très particulière.
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