Crises & séparations · Conflits, éloignement & infidélités
Dossier L'infidélité : comprendre, traverser, décider
Infidélité : Le choc de la découverte
Un message relu à trois heures du matin, puis un autre. Découvrir une infidélité ne provoque pas un chagrin ordinaire, mais un effondrement d'un autre ordre : sommeil, corps, désir, mémoire, image de soi, tout se dérègle en même temps. Voici ce qui se passe vraiment, et pourquoi ces réactions ne sont pas un signe de fragilité.
Ils sont nombreux à le dire avec les mêmes mots : « je ne me reconnais plus. » Des gens solides, organisés, qui tenaient une famille et un métier. Et qui se retrouvent à compter des dates sur un calendrier, à guetter une heure de connexion, à pleurer dans une voiture garée devant chez eux.
Autour d'eux, la patience s'épuise plus vite qu'ils ne guérissent. Au bout de quelques semaines, on leur conseille de tourner la page, de penser à eux, de ne pas se laisser abattre. Ces conseils partent d'une bonne intention et tombent à côté, car ils supposent un chagrin d'amour. Il ne s'agit pas de cela.
Ce qui vient d'avoir lieu, c'est la démolition d'une réalité. Pas seulement la perte d'une exclusivité. La découverte que des années entières n'étaient pas ce qu'on croyait. Que la personne la plus proche menait une autre vie. Et que notre lecture du réel s'est trompée sur le point le plus important. Ce n'est pas le cœur seul qui est atteint, c'est la confiance dans sa propre perception.
Voilà pourquoi les délais habituels ne fonctionnent pas ici. On accorde six mois à un chagrin, un an à un deuil. Une trahison de cette nature ne suit aucune de ces échelles, parce qu'elle ne se contente pas d'enlever quelqu'un : elle défait ce que l'on croyait savoir. C'est pourquoi les réactions qui suivent déroutent tout le monde, à commencer par la personne concernée. Elles ne ressemblent pas à du chagrin. Elles ressemblent à ce que produit un choc.
Signaler une erreur dans cet article · notre politique de correction