Parentalité · Éduquer ensemble

Écrans des enfants : avant la règle, il y a l'accord des parents

Le Monde le rapportait le 27 août : aux États-Unis, Meta s'évite un procès historique et une sanction colossale en concluant un accord amiable avec les États qui l'accusaient d'avoir rendu les mineurs dépendants de Facebook et d'Instagram. L'entreprise accepte en échange de restreindre l'usage de ses plateformes par les moins de dix-huit ans : deux heures cumulées par jour au maximum, blocage entre minuit et six heures, notifications suspendues pendant les heures de classe, disparition de certains mécanismes de captation de l'attention comme l'affichage des likes. Un accord amiable n'est pas un jugement : il n'établit pas juridiquement ce qui était reproché. Mais le signal est difficile à ignorer, car une des plus grandes entreprises du numérique préfère payer et corriger plutôt que de défendre publiquement l'innocuité de ses produits pour les mineurs.

Par Laurent Huz · 28 août 2026 · 7 min Abonnés
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Écrans des enfants : avant la règle, il y a l'accord des parents
Chez Meta, la limite de deux heures d'écran des enfants ne peut être levée que par un parent.

En France, le mouvement est allé plus loin et s'est arrêté plus court qu'on ne le croit. La loi du 24 août 2026 étend aux lycées l'interdiction du téléphone portable déjà en vigueur de la maternelle au collège, applicable dès cette rentrée, chaque établissement fixant ses modalités dans son règlement intérieur. Mais le même texte prévoyait aussi d'interdire les réseaux sociaux aux moins de quinze ans, et cette disposition a été déclarée contraire à la Constitution le 14 août. La règle collective la plus attendue par beaucoup de parents n'existe donc pas.

Reste alors le détail le plus parlant de tout cela. Chez Meta, la limite de deux heures est activée par défaut, et seul un parent peut la lever. La plateforme fixe enfin un chiffre, et renvoie aussitôt la décision là où elle a toujours été : entre deux adultes, dans une cuisine, un dimanche soir.

La règle annoncée n'est pas la règle tenue

Ces articles m'ont intéressé parce qu'ils ont fait écho à une situation clinique que j'ai rencontrée il y a environ deux ans. Chez Inès et Julien, la règle était claire : pas de tablette en semaine pour leur fils de neuf ans. Elle avait été décidée ensemble et annoncée comme telle. Pourtant, quelques mois plus tard, la réalité était devenue beaucoup plus floue.

Quand Inès rentrait tard, Julien accordait parfois une exception parce que cela simplifiait la soirée. Quand Julien était absent, Inès avait tendance à resserrer la règle, comme pour rétablir l'équilibre. Chacun voyait bien les écarts de l'autre, mais sans jamais vraiment le traiter. Le désaccord finissait alors par passer devant l'enfant, à travers une remarque du type : « Demande à ton père, lui il dit toujours oui », un soupir ou une reprise en main plus brusque.

À ce moment-là, la règle sur les écrans n'était déjà plus seulement une décision éducative : elle était devenue une manière indirecte de parler au conjoint.

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Laurent Huz

Laurent Huz

Auteur, formateur, thérapeute de couple

Fondateur de Mon Couple Magazine. Thérapeute de couple et formateur, fondateur de Deux Mains Ensemble et de la méthode TCCI. Auteur d'« Au cœur du couple » (Dunod).

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